Célébrée chaque année en décembre, l’Escalade commémore la victoire de Genève sur les troupes du duc de Savoie lors de leur tentative d’assaut de Genève dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602. Mais que raconte aujourd’hui la célébration majeure de la ville, de celles et ceux qui y appartiennent et de celles et ceux qui restent en marge de ses récits ?
L’Escalade n’est pas seulement la commémoration (approximative) d’un événement historique. Par ses cortèges, ses symboles, ses personnages et ses traditions, elle met en scène une certaine représentation de Genève et participe à la construction d’une mémoire et d’une appartenance collectives. Le séminaire prendra cette célébration comme point de départ pour interroger de manière critique la façon dont une ville raconte son histoire, fabrique ses mythes et produit du commun dans une société traversée par une pluralité d’origines, de trajectoires, de modes de vie et d’usages de l’espace urbain.
Il s’agira tout d’abord de questionner les récits historiques et les mythes par lesquels Genève se représente elle-même. Une approche socio-historique de la « ville des différences » sera mise en dialogue avec le regard critique d’André Klopmann sur une Genève prompte à cultiver certains récits sur elle-même, mais dont les contradictions sociales et politiques invitent à déplacer le regard. Quelles histoires deviennent constitutives d’une identité collective ? Quelles autres restent moins visibles ? Et que nous apprend l’Escalade sur la manière dont une ville sélectionne, transmet et réinterprète son passé ?
Le séminaire invitera ensuite à penser les rituels urbains comme des lieux de fabrication de l’appartenance. Cortèges, commémorations et occupations symboliques de l’espace public ne font pas que rappeler le passé : ils créent des expériences partagées, donnent sens aux lieux et dessinent un « nous ». À partir des travaux de Fiorenza Gamba et Sandro Cattacin, il s’agira précisément d’interroger ce que ces rituels produisent : qui rassemblent-ils, autour de quels symboles et de quelles mémoires ? Dans une Genève marquée par la diversité et les mobilités, comment construire une appartenance commune sans effacer les différences ?
Enfin, les parcours dans la Vieille-Ville, les reconstitutions historiques et la visite des collections du Musée d’art et d’histoire permettront de mettre à l’épreuve ces questions dans les espaces où la mémoire genevoise se donne à voir. Monuments, objets, collections et mises en scène du passé seront autant d’occasions de réfléchir à la manière dont le patrimoine est sélectionné, conservé, exposé et réinterprété.
Programme :
Samedi 12 décembre
13h00 – 14h00 Olivier Waeber, histoire analytique de Genève, ville des différences, Uni-Mail
14h15 – 16h00 André Klopmann, histoire critique de Genève, discussion à partir de son récent ouvrage : Je vous écris de Porrentruy – Literaturschweiz, Uni-Mail
16h00 – 18h00 Tour en Vieille-Ville avec diverses reconstitutions historiques
Optionnel – Défilé aux lampions, départ: 19h45 – Rue de l’Evêché 1 | Fin: 20h20 – Cour Saint-Pierre
Dimanche 13 décembre
10h00 – 12h00 Fiorenza Gamba en conversation avec Sandro Cattacin, colloque sur les rituels urbains, Uni-Mail
14h00 – 16h00 Jan Behrendt, visite des collections du MAH liées à l’Escalade
Optionnel – Grand cortège historique, départ: 17h – Parc des Bastions | Fin: 19h30 – Cour St-Pierre
Intervenant·es :
- Jan Behrendt : Responsable de l’unité Conservations et valorisation du Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH). Historien de formation, également diplômé en sciences politiques et en sociologie, il coordonne la conservation des collections et développe des projets visant à mettre en valeur le patrimoine du musée.
- Sandro Cattacin : Professeur de sociologie à l’Université de Genève. Spécialiste de sociologie urbaine et des politiques sociales, il travaille notamment sur les transformations de la ville, l’inclusion et l’exclusion, les migrations, les vulnérabilités et l’innovation sociale.
- Fiorenza Gamba : Professeure et chercheuse à l’Institut de recherches sociologiques de l’Université de Genève. À la croisée de la sociologie, de l’anthropologie et de la communication, ses recherches portent notamment sur les rituels urbains, les dynamiques d’inclusion et d’appartenance ainsi que les différences dans la ville.
- André Klopmann : Auteur suisse, ancien journaliste et haut fonctionnaire genevois. Après une carrière dans la presse, la radio et la télévision, il a notamment dirigé l’Office cantonal de la culture et du sport. Auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, il consacre une part importante de son œuvre à Genève, à son histoire et à ses mythes.
- Olivier Waeber : Doctorant FNS et assistant à l’Institut de recherches sociologiques de l’Université de Genève. Ses recherches portent sur la sociologie historique de la ville, les politiques d’inclusion des différences et la planification urbaine, notamment à Genève.
Lieux : Vieille-Ville de Genève, Uni-Mail, et Musée d’art et d’histoire (MAH)
Langues : français et une présentation en allemand
Direction : Sandro Cattacin, Mentor Fondation suisse d’études
Coordination : Matteo Titus, Fondation suisse d’études
Administration : Nathalie Ellington, Fondation suisse d’études
Public cible : Tous les bénéficiaires
Horaire : Samedi, 12 décembre 2026, 13:00 à l’Université de Genève (Uni-Mail) jusqu’au dimanche, 13 décembre 2026 vers 16:30 Musée d’Art et d’Histoire, Genève
Nombre de participant·e·s : 20 maximum
Préparation : Un reader sera envoyé en temps voulu
Délai d’inscription : dimanche 11 octobre 2026
